COSC : tout savoir sur la certification Contrôle Officiel des Chronomètres

COSC Certified chronometer

En horlogerie, la recherche de la précision a toujours été l’un des objectifs des fabricants de montres, car naturellement un mouvement mécanique peut varier énormément de jour en jour (parfois de plus d’une minute par jour !). Alors des certifications sont apparues au cours du XXe siècle pour permettre aux acheteurs de trouver une montre avec une bonne précision, et c’est notamment le cas du COSC.

Vous allez découvrir dans ce guide tout ce qu’il faut savoir sur le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres), avec une définition et un historique de cette certification, la mission de l’organisme derrière, ou encore la méthodologie utilisée par le COSC et qui permet aux montres d’être certifiées chronomètre.

Qu’est-ce que c’est le COSC ?

Le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres est une association à but non lucratif créée en septembre 1973 à La Chaux-de-Fonds, qui est neutre et d’utilité publique. Elle va regrouper les Bureaux Officiels de contrôle de la marche des montres qui existaient depuis 1878 à Bienne, 1883 à Saint-Imier et La Chaux-de-Fonds, 1901 au Locle, 1942 dans la Vallée de Joux au Sentier, 1956 à Genève et 1957 à Soleure. Ces sept bureaux sont alors concurrents, et l’objectif est de créer une commission intercantonale des BO pour avoir des règlements et tarifs communs.

Le COSC regroupe donc 5 cantons (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) et la Fédération horlogère suisse (FH). Cependant, le nombre de bureaux est redescendu de 7 à 3 depuis 2013 (Bienne, Saint-Imier et Le Locle), avec pour chacun 350 jours d’activité, 7 jours sur 7. Cela permet à l’organisme de certifier plus de deux millions de mouvements par an (2,4 millions en 2024) !

Il faut savoir que 44 % des montres exportées de Suisse sont COSC, ce qui montre que les horlogers y sont attachés, car cela permet de démontrer la précision de leur mouvement, et c’est aussi un véritable argument marketing. Il faut savoir que, par exemple, l’ensemble des Breitling est COSC, tout comme chez Rolex et OMEGA, et que de nombreuses autres marques l’utilisent.

Logo du COSC

La mission du COSC

En tant qu’association, le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres a pour mission principale de gérer les trois bureaux officiels en activité pour qu’ils proposent les mêmes tests, les mêmes tarifs, tout cela en assurant la maintenance des équipements, en formant les équipes, en assurant la communication autour de la certification et en prescrivant les règles pour obtenir la certification COSC.

Si l’on regarde du côté de la certification en elle-même, son objectif est de démontrer aux clients que le mouvement d’un fabricant respecte un cahier des charges précis (fixé par la norme internationale ISO 3159) et qu’il peut être qualifié de Chronomètre (exactement chronomètre-bracelet pour une montre-bracelet). Pour cela, le COSC — qui est neutre et impartial — va tester les différents mouvements que lui envoient les fabricants de montres.

Test mouvement COSC

Quelle est la méthodologie des tests ?

La grande particularité du COSC, c’est qu’il ne teste que les mouvements des montres et pas les montres complètes. Ensuite, il n’est possible de tester que les mouvements qui seront dans des instruments de ce type :

  • Garde-temps mécaniques de type montre-bracelet, montre de poche ou appareils horaires en position fixe (pendulette, horloge ou montre de bureau).
  • Garde-temps à quartz de type montre-bracelet avec oscillateur à quartz.
  • Instruments fabriqués en Suisse et donc Swiss Made, pour favoriser l’industrie suisse.

Vient ensuite l’examen d’excellence qui permet aux instruments d’obtenir la certification COSC. Il faut savoir qu’il y a plusieurs étapes que va devoir passer un mouvement pour être Chronometer Certified, le test durant de 12 à 20 jours avec des variations de positions ou de température et des mesures de précision régulières. Voici les différentes étapes :

  • Étape 1 (1 journée) : réception des mouvements, contrôle des numéros de gravage, conditionnement dans des barrettes de 5 mouvements et mise au repos pendant 12 heures à 23 °C.
  • Étape 2 (jour 2 à 10) : mesure du temps, armage, placement en position avec des changements de position chaque jour, 6 h, 3 h et 9 h (cadran vers le haut ou le bas).
  • Étape 3 (jour 11 à 13) : mesure du temps, armage, placement des cadrans vers le haut et test à des températures de 8, 23 et 38 °C pendant 24 h.
  • Étape 4 (jour 14 et 15) : mesure du temps, armage et placement des mouvements à 6 heures.
  • Étape 5 (jour 16 à 20) : calcul de conformité des 7 critères de certification, et si le mouvement y répond, création du certificat « chronomètre certifié COSC ».

Concernant les 7 critères de certification du COSC, les voici :

  • La marche diurne moyenne
  • Le plus grand écart des marches
  • La variation moyenne des marches
  • La reprise de marche
  • La plus grande variation des marches
  • La variation de la marche en fonction de la température
  • La différence entre les marches en positions horizontale et verticale de la montre

Bien sûr, l’ensemble de ces étapes et tests coûte un certain prix pour certifier chronomètre chaque mouvement, mais cela permet d’offrir une garantie de qualité aux clients d’une montre, prouvant la précision du mouvement.

Laboratoire équipement COSC

Un futur Super-COSC en 2026

La certification COSC n’avait pas bougé depuis 1976, tout comme la norme ISO 3159, et donc de nombreuses marques horlogères se sont orientées depuis vers d’autres certifications comme Master Chronometer de METAS ou même des certifications internes comme chez Rolex (Superlative Chronometer) depuis 2015. L’association COSC a donc décidé d’aller plus loin en proposant dès 2026 de nouveaux tests plus réalistes, car ce sera la montre entière et dans des positions plus dynamiques, pour être plus proches de la vie au quotidien.

Les montres pourront donc subir deux types de test : ceux de la norme ISO 3159 sur le mouvement, puis la montre pourra passer les tests du futur Super-COSC. Cette nouvelle certification va aussi vérifier la réserve de marche (si elle respecte celle annoncée) et une certaine résistance au magnétisme (mais pas aussi élevée que les 15 000 Gauss de METAS).

Pour réaliser ces tests, il sera possible de le faire en interne chez les horlogers, avec des audits du COSC et des instruments connectés à l’organisme pour valider les données.

L’ensemble des règles sera défini d’ici la fin de l’année 2025, et donc l’article sera complété en conséquence.