Bvlgari x Vianney Halter : l’Octo Finissimo Dual Time confiée à un indépendant
Bvlgari est présente aux Geneva Watch Days 2026 du 2 au 4 septembre, avec trois nouveautés réunies par un même fil conducteur, le titane. La plus importante des trois n’est pourtant pas une affaire de matière : pour la première fois de son histoire, la collection Octo Finissimo a été confiée à un horloger indépendant, en l’occurrence Vianney Halter, l’un des horlogers indépendants les plus reconnus !
Alors qu’est-ce que cela donne ? Je vous le fais découvrir juste en-dessous.
Une première dans l’histoire de l’Octo Finissimo
Jamais un horloger extérieur à la Maison n’avait pris le mouvement de l’Octo Finissimo comme point de départ pour y exprimer sa propre vision. La Bvlgari Octo Finissimo Dual Time x Vianney Halter a été imaginée conjointement par Fabrizio Buonamassa Stigliani, Executive Director of Product Creation chez Bvlgari, et par l’horloger français installé à Sainte-Croix.
L’exercice n’allait pas de soi. D’un côté, une collection construite sur la géométrie, la pureté des surfaces et la course à la finesse, qui revendique dix records du monde. De l’autre, un créateur dont les montres tiennent autant de la sculpture mécanique que du garde-temps, avec des détails d’inspiration industrielle, des affichages multiples et une architecture tridimensionnelle volontiers complexe. Passionné d’aviation, de mécanique et de romans graphiques, Vianney Halter compte parmi les personnalités les plus singulières de sa génération.
Le terrain d’entente s’est trouvé dans un registre rétrofuturiste, à la croisée de l’époque victorienne et de la science-fiction, nourri par Jules Verne et par l’imaginaire de l’ingénierie de haute précision.
« J’apprécie tout particulièrement les collaborations de cette nature : elles m’obligent à adapter ma façon de penser à la vision et aux exigences de mon interlocuteur. C’est un exercice que j’ai rarement l’occasion de vivre lorsque je crée mes propres montres, car je conçois généralement le mouvement et le boîtier simultanément. »
Vianney Halter
Fabrizio Buonamassa Stigliani décrit de son côté un partage des rôles assez clair :
La géométrie rigoureuse du boîtier Octo Finissimo met en valeur la construction des cadrans indépendants, caractéristique de Vianney Halter, tandis que le mouvement ultrafin intègre de nouvelles fonctions tout en préservant les qualités qui lui ont valu sa réputation auprès des passionnés d’horlogerie. »
Fabrizio Buonamassa Stigliani
Ce que Vianney Halter apporte au cadran
C’est sur la face avant que la signature de l’horloger se lit le plus immédiatement. La montre abandonne le cadran unique de l’Octo Finissimo au profit de quatre éléments distincts : deux cadrans opalins rhodiés, avec parties sablées et satinées, pour les heures-minutes et pour le second fuseau horaire, auxquels s’ajoutent deux indicateurs opalins rhodiés pour la date et pour l’indication jour/nuit.
L’opalin rhodié est la couleur emblématique de Vianney Halter, et sa transposition ici a constitué un véritable défi de fabrication. Obtenir une surface opaline parfaitement homogène sur quatre pièces séparées, produites selon des techniques différentes, demande une maîtrise que l’on mesure mal sur une photographie de presse.
Le reste du vocabulaire visuel de l’horloger est également présent : les aiguilles bleues reprennent son dessin caractéristique, la petite seconde adopte une aiguille en flèche rouge, et le micro-rotor en platine porte sa signature gravée. Les deux lunettes « porthole » satinées et polies qui encadrent les cadrans complètent cette impression d’instrument.
Le calibre BVF 200 et les contraintes de la finesse
Sous cette apparence se cache un mouvement neuf. Le calibre de manufacture BVF 200 est un automatique à micro-rotor de 5,49 mm d’épaisseur, cadencé à 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, avec 60 heures de réserve de marche. Il affiche les heures, les minutes, la petite seconde, un second fuseau horaire, la date et l’indication jour/nuit. La décoration associe des Côtes de Genève verticales, des satinages et un perlage.
Le boîtier de 40,5 mm réunit plus de cinquante composants pour 9,70 mm d’épaisseur seulement, dont 7,70 mm entre le fond de boîte et le point le plus haut de la lunette. Ajouter un GMT, une date et une indication jour/nuit à une ligne construite sur l’extra-plat suppose de trouver de la place là où il n’y en a pas : la miniaturisation des composants a imposé la création d’outils entièrement dédiés, et la planéité des pièces usinées est devenue un point critique.
Les protège-couronnes intégrés permettent de garantir l’étanchéité sans casser la ligne du boîtier, même si celle-ci reste mesurée à 3 ATM, soit 30 mètres, ce qui correspond à l’usage d’une pièce d’exception plutôt qu’à une montre de sport. La couronne reçoit un insert en céramique noire et le fond de boîte est transparent. L’ensemble a été conçu et réalisé en interne, dans les ateliers de Saignelégier et du Sentier.
Deux éditions limitées, quarante-cinq exemplaires en tout
La collaboration se décline en deux références qui partagent le même calibre et les mêmes dimensions, mais pas le même registre. La version en titane sablé joue une carte minérale qui laisse toute la place aux éléments opalins du cadran, tandis que la version en or rose, plus chaleureuse, s’accorde au bracelet alligator brun.
Réf. 104356
Réf. 104355
Boîtier
Titane sablé
Or rose, base sablée et partie supérieure satinée verticalement
Bracelet
Titane sablé intégré, boucle déployante
Alligator brun, boucle ardillon en or rose
Micro-rotor
Platine gravé de la signature
Platine, finitions couleur or rose, gravé de la signature
Édition limitée
30 exemplaires
15 exemplaires
Diamètre et épaisseur
40,5 mm / 9,70 mm
40,5 mm / 9,70 mm
Calibre
BVF 200, 60 h
BVF 200, 60 h
Quarante-cinq pièces au total, donc, pour une collaboration qui restera de fait confidentielle. Bvlgari n’a communiqué aucun prix à ce stade.
Mon avis sur la pièce
Le design est vraiment spectaculaire est rend l’OctoFinissimo beaucoup plus complexe avec cette architecture à multiple cadrans, mais je trouve le résultat très réussi, même s’il est vrai qu’il ne pourra plaire à tout le monde. Seule déception de mon côté, je n’ai pas pu la voir lors des Geneva Watch Days, donc je ne vous donne mon avis que sur les présentations de presse.
Passionné d'horlogerie depuis 2010, j'ai commencé à découvrir les montres mécaniques grâce à mes expérience professionnelle chez un horloger. J'ai pu apprendre comment fonctionne un mouvement horloger, les différents termes horlogers et je suis tout simplement tombé amoureux de la belle horlogerie.
J'ai ensuite amélioré mon expérience horlogère grâce à un atelier d'initiation à l'horlogerie chez Objectif Horlogerie, puis en testant des montres, en rencontrant des horlogers ou en visitant des manufactures. Je vous partage donc tout mes connaissances et mes coups de cœur horloger sur le blog Chronotempus.