A la découverte de la manufacture Pequignet à Morteau

Manufacture Pequignet

Pequignet, aujourd’hui, ce nom résonne comme celui de l’une des rares manufactures françaises. Alors, lorsque j’ai eu la chance de pouvoir visiter cette manufacture, qui conçoit des mouvements français de Haute Horlogerie de A à Z, je n’ai pas laissé passer ma chance.

Direction donc Morteau, en plein dans le jura horloger français, pour découvrir la manufacture Pequignet, ses montres, mais aussi ses équipes.

Je vous laisse découvrir ici la vidéo sur la visite de la manufacture :

Une visite qui commence par l’histoire de la maison

La visite de la marque du Haut-Doubs commence par un peu d’histoire. Car cette maison horlogère a été fondée il y a maintenant plus de 50 ans par Émile Pequignet, un homme qui aime l’horlogerie, mais aussi le design et qui va donc lancer sa marque en créant des montres au style assez révolutionnaire pour l’époque.

C’est dans la première pièce que l’on visite que l’on découvre cette appétence d’Émile Pequignet et de sa marque pour le design. On retrouve dans des vitrines un petit musée avec un ensemble de pièces vintage.

Montre Pequignet 1973
Montre Pequignet 1973

On y découvre donc des pièces parfois très étonnantes : des montres rondes, mais aussi carréesrectangulairesovales ou baignoire comme l’impressionnante 1973, la première montre de Pequignet qui disposait d’un boîtier extra-plat et légèrement galbé avec sa forme baignoire.

Émile Pequignet avait aussi comme inspiration ses passions, notamment le golf, mais aussi et surtout l’équitation. Plusieurs pièces s’inspirent de ce sport, dont l’Equus avec ses cornes et systèmes de fixation du bracelet en forme d’étrier.

Collection Moorea
Collection Moorea

Parmi les autres créations iconiques de la maison, on ne peut pas oublier la collection Moorea avec son bracelet éponyme si particulier. Il s’agissait à l’origine de montres essentiellement féminines, même s’il existe des modèles masculins.

On note aussi l’attrait de la maison pour les bracelets de formes, de couleurs, de design et de matières différentes. Car bien avant la tendance actuelle des bracelets tendance, Émile Pequignet aimait proposer ses tocantes sur des bracelets qui sortent de l’ordinaire.

Bracelets Pequignet
Bracelets Pequignet

Deuxième étape : le SAV, le stock et le rodage

Nous partons découvrir les ateliers en tant que tels, en commençant par le SAV, un service où passent chaque semaine plus de 50 montres. Il faut savoir que l’ensemble des montres à mouvement manufacture passent par ici lors des réparations et révisions, car Pequignet souhaite s’assurer de la fiabilisation de ses calibres, mais elle est aussi la seule à pouvoir les réparer efficacement.

Juste à côté se trouve aussi une pièce qui permet de stocker l’ensemble des composants nécessaires à la fabrication des mouvements, mais aussi des machines de rodage qui vont permettre de fiabiliser les têtes de montres et leurs mouvements.

SAV
SAV

Troisième étape : direction l’atelier d’assemblage

Nous montons ensuite à l’étage pour aller au cœur de la manufacture, l’atelier d’assemblage de la maison Pequignet. On y découvre plusieurs établis derrière lesquels se trouvent plusieurs horlogers qui vont chacun réaliser l’ensemble de leurs tâches :

  • Étape T0 : Garnissage ou assemblage des différents sous-ensembles comme l’assemblage de la platine
  • Étape T1 : Assemblage du mouvement :
    • La mise en place du train de rouages (roue de centre, de moyenne, de seconde, etc.)
    • L’installation du barillet
    • Le montage des ponts
    • Les premiers contrôles de libre rotation
    • Une lubrification des rubis et graissage (points structurels, pas encore le réglage fin)
    • Puis montage de l’échappement et du balancier
    • Mise en marche et réglage fin du mouvement.
  • Étape T2 : Emboîtage, pose du cadran et des aiguilles
  • Étape T3 : Pose du bracelet et du fermoir ainsi qu’emballage de la montre
Atelier d'assemblage de Pequignet
Atelier d’assemblage de Pequignet

Pour assurer la meilleure qualité, les horlogers de Pequignet vont vérifier aussi plusieurs points importants lors de différentes étapes, notamment :

  • Une machine qui permet le réglage des palettes de l’ancre
  • Une autre qui permet le réglage du balancier via des vis et où il est nécessaire d’utiliser une machine et une binoculaire électronique pour réaliser ce travail, ce qui permet d’améliorer la précision du mouvement
  • Une machine à mesurer les ébats qui permet de mesurer l’ébat de chaque mobile au micron afin d’avoir le bon jeu pour que les mobiles s’entraînent correctement ensemble.
  • Une machine qui possède un bras de chauffe qui permet de chauffer la colle afin d’assembler le spiral du balancier avec le pont de balancier.
Machine fixation balancier spiral
Machine fixation balancier spiral

À la fin de l’assemblage du mouvement, ces derniers sont testés dans des chronocomparateurs pour vérifier au maximum leurs précisions.

Et comme Pequignet est une véritable manufacture, on trouve à l’arrière de l’atelier, un établi spécialisé dans les bracelets (de montre, mais aussi de bijoux) pour assembler notamment les bracelets Moorea ou Concorde.

J’ai même eu la chance de pouvoir passer derrière l’établi pour finir d’assembler le mouvement avec notamment le vissage de la masse oscillante pour amorcer ensuite le mouvement. Pas facile à faire quand on sait que les vis sont souvent plus petites qu’un millimètre !

Etabli bracelet
Etabli bracelet

Dernière étape : le bureau d’ingénierie

Pour finir la visite, nous nous devions de passer par ce qui fait la force de Pequignet, son bureau d’ingénierie. Car c’est ici que la maison de Morteau conçoit ses mouvements en interne. Car en effet, la maison ne fait pas que les assembler, elle a aussi les équipes pour les concevoir de A à Z, aussi bien des mouvements assez simples qu’avec des complications.

Pour rappel, la marque conçoit et assemble ces mouvements en interne, mais par contre la plupart des composants de ses montres proviennent de sous-traitants franco-suisses dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour de Morteau. Par exemple pour le calibre Initial, 72% des pièces sont même françaises.

Etapes Platine
Etapes Platine

Dans ce bureau j’ai eu la chance d’avoir quelques explications sur certaines complications, notamment celle du tourbillon volant, mais aussi sur la grande date et son saut de date. J’ai aussi pu découvrir les estampes des mouvements, de la première phase, entre le métal d’origine, jusqu’à la platine finale.

La visite se finit enfin par la découverte de magnifiques pièces actuelles avec les dernières Royal Saphir ou encore la Royale Paris. Des pièces magnifiques qui disposent donc de ce superbe mouvement Calibre Royal.

Bureau d'ingénierie
Bureau d’ingénierie

Des équipes très investies

L’un des points qui m’a le plus marqué lors de cette visite, c’est l’engagement global des équipes pour la marque et pour son développement, aussi bien au niveau des horlogers, que des ingénieurs ou de la direction.

En effet, la plupart des salariés de la maison sont chez Pequignet depuis plus de 5 à 10 ans, et donc ils ont connu les hauts et bas de la société, quand celle-ci, lançant son mouvement manufacture, fit faillite et se fit reprendre par une partie des cadres, puis quand elle se relança activement grâce au soutien de Hugues Souparis et de son fonds Enowe.

Il faut savoir que si ceux-ci restent chez Pequignet, c’est sans doute pour l’aventure qu’offre Pequignet, celle de faire vivre l’horlogerie manufacture en France, car il serait assez simple pour nombre d’entre eux de bien mieux gagner sa vie en passant la frontière pour travailler au Locle ou à La Chaux-de-Fonds.

J’ai aussi eu la chance de rencontrer le nouveau directeur général de Pequignet Patric Zingg, un ancien de Swatch Group et Graham Watches, mais aussi du directeur technique industriel Dimitri Vaginet. Ces deux hommes ont une vision claire pour la marque et son développement dans les prochaines années et c’est une très bonne chose.

Mouvement Royale Tourbillon
Mouvement Royale Tourbillon

Alors, que penser de Pequignet et de sa manufacture ?

Après cette visite qui aura duré toute la journée, je peux dire que cela a renforcé ma vision de Pequignet. Une superbe marque française qui propose de très belles montres et surtout de magnifiques mouvements, tout en défendant le Made in France avec force.

Plusieurs points m’ont vraiment plu lors de cette visite :

  • On y découvre des équipes investies et passionnées par leurs métiers et leurs missions.
  • La maison Pequignet continue d’aller de l’avant grâce à ces équipes, sa direction et elle nous le montre dans sa capacité à proposer régulièrement de nouvelles choses.
  • Les montres qui sont pour moi franchement belles et surtout qui proposent un bon rapport qualité-prix avec des montres à complication, mouvements manufacture et fabriquées en France pour quelques milliers d’euros.

Alors, pour tous ceux qui recherchent des produits d’une grande qualité et souhaitant sortir du Swiss Made, je vous invite à pousser la porte d’une boutique Pequignet et de découvrir leurs montres et surtout leurs mouvements.

Pequignet Royal Saphir
Pequignet Royal Saphir
Pequignet Royal Paris
Pequignet Royal Paris
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