La semaine dernière, je vous ai parlé des 10 plus belles nouveautés que j’avais pu découvrir lors des Geneva Watch Days. Cependant, je n’ai pas parlé de tout ce qui m’a séduit lors de cette édition 2026 et c’est pour cela que je reviens avec un épisode numéro deux qui va nous emmener faire d’autres découvertes en rapport au GWD 2026.
Dans cet article, je ne vais donc pas forcément parler que de montres, mais plutôt de marques, de boutiques, de belles rencontres et le tout avec bien sûr au final la présentation de belles tocantes. Alors c’est parti !
La boutique Watchmakers United de Genève
Je commence par une belle boutique qui me fait sortir du centre névralgique des Geneva Watch Days, c’est-à-dire la rotonde du Mont-Blanc et le Beau-Rivage. Direction donc le Vieux Genève pour découvrir une boutique horlogère pas comme les autres, Watchmakers United, au 34 Grand-Rue.
Derrière ce lieu, il y a une volonté, celle de faire vivre la belle horlogerie indépendante et créer du lien entre les collectionneurs et les horlogers. D’ailleurs le slogan de la maison met bien en avant cela : « Watchmakers United sert de phare tant pour les horlogers indépendants confirmés qu’émergents. Nous sommes bien plus qu’une plateforme ; nous sommes une communauté célébrant l’artisanat, la diversité et la collaboration. »
Le but n’est donc pas d’être un simple point de vente présentant des montres d’indépendants, c’est de les mettre en avant en les faisant participer à des événements (ateliers, colloques, etc.) directement dans la boutique pour qu’ils rencontrent des collectionneurs et amateurs de belles montres. La marque va donc rechercher les marques qu’elle souhaite vendre et qui correspondent à sa vision. Au final on retrouve presque une trentaine de marques.
La boutique qui venait d’ouvrir pour le salon n’exposait que 6 marques, contre plus d’une trentaine en temps normal. Voici les marques que j’ai pu découvrir :
- Carl Suchy & Söhne : une maison autrichienne relancée il y a 8 ans et qui présente de très belles pièces dont la Waltz, la Vienna ou encore la Belvédère. On note aussi la sublime pendule de bureau réalisée par un maître horloger à Vienne !
- Schwarz Etienne : la maison du Locle que j’avais découverte à Watches and Wonders, était présente avec une nouvelle 1902 Petite Seconde Heure doré avec un boîtier en titane grade 5 DLC noir, un cadran noir et des indications, index et aiguilles en or 4N. Une montre au contraste saisissant que je trouve vraiment très réussie.
- BA111OD ne présentait pas de véritable nouveauté pour le salon et j’ai aussi eu l’occasion de les revoir au Beau-Rivage avec notamment la Chapitre 7 Squelette sur un bracelet caoutchouc bleu glacier très réussi.
- Marco Tedeschi Kross Studio, Speake Marin (que j’ai aussi pu voir au Beau-Rivage avec quelques belles créations que je vous présente en vidéo) ou encore Sartory Billard !
La M.A.D. Gallery fête ses 15 ans avec Maison Alcée
MB&F est une des marques de haute horlogerie les plus iconiques avec ses créations qui sortent de l’ordinaire et notamment ses machines. Pour les présenter et pour présenter sa vision particulière de l’horlogerie Max Büsser, le fondateur de la marque a présenté il y a 15 ans un étonnant concept, celui d’une boutique qui n’en était pas, et qui se rapprochait plutôt d’une galerie d’art, exposant notamment des objets horlogers très étonnants, souvent dans l’art cinétique et mécanique.
Cette année cette M.A.D. Gallery fête ses 15 ans et pour l’événement, MB&F s’est associé avec un projet que j’apprécie beaucoup, celui de Maison Alcée et de ses pendules mécaniques à assembler soi-même. J’ai donc pu voir Alcée, la fondatrice de la marque qui porte son nom et découvrir sa création en collaboration avec la MB&F, la Nostromo.
L’engin est étonnant avec son design qui rappelle directement l’inspiration spatiale (la patte MB&F), sur une base de la pendule Persée, le modèle de chez Maison Alcée. Et comme toujours avec cette marque française, la Nostromo est à assembler chez soi, sans connaissance particulière grâce au tutoriel (en format livre et vidéo) très bien fait.
D’ailleurs, pour prouver la facilité de montage, Maison Alcée organisait avec Lucas leur horloger, un intéressant atelier pour monter une Nostromo. L’objectif, c’est que les passants à la M.A.D. Gallery participent tous à monter la pendule en suivant le guide vidéo de Maison Alcée pour apprendre à monter l’horloge. Et je vous le confirme cela est simple et accessible pour tout le monde.
Czapek et sa nouvelle boutique
La maison genevoise Czapek, relancée il y a plus d’une dizaine d’années, vient d’ouvrir sa première boutique au monde, au 27 Quai des Bergues. C’est un peu un retour aux sources car la première boutique Czapek, au milieu du XIXe siècle avait ouvert au 29, juste à côté.
On découvre donc une belle boutique au design épuré avec des murs bruts, un bel espace salon avec une bibliothèque, une petite exposition pour mettre en avant l’histoire de la marque ou même un petit bar. D’ailleurs cette boutique va aussi servir de bureau à l’équipe de Czapek à Genève et donc cela va permettre aux équipes d’être en relation avec la clientèle. Dans ce lieu où le bleu est omniprésent, on retrouve aussi quelques œuvres d’art, des sculptures en acier poli Rondo de l’artiste Oskar Zięta.
Petite particularité de la boutique, c’est l’étonnant présentoir à montres qui se cache dans la bibliothèque, caché derrière de faux vieux livres.
Bien sûr, Czapek n’est pas venu les mains vides au Geneva Watch Days avec deux belles montres :
- Quai des Bergues Midnight in Geneva : c’est une édition limitée à 18 pièces, un boîtier de 40,5 mm en acier inoxydable et avec un cadran en verre aventurine bleu nuit ajouré à 0,4 mm. Dedans on retrouve le calibre SXH1 à remontage manuel avec réserve de marche de 7 jours.
- Place Vendôme Complicité Glacier Blue : c’est une édition limitée à 10 jours qui provient d’une collaboration entre le CEO de la marque Xavier de Roquemaurel et le maître horloger indépendant Bernhard Lederer. Le boîtier est en platine Pt 950 et on retrouve dedans un Calibre 8 à remontage manuel avec deux balanciers indépendants battant en sens opposés avec un différentiel à 12 heures. Le cadran est en platine grainée traitée PVD bleu clair avec des ponts en saphir.
Minase ou l’art des finitions et du cadran japonais
Minase vous connaissez ? Cette maison japonaise qui existe depuis maintenant plus d’une dizaine d’années en tant que marque de montre a démontré son savoir-faire dans les finitions aussi bien au niveau du boîtier que du cadran depuis quelques années. Si l’on remonte même dans l’histoire, c’est avec Kyowa en 1963 que nait vraiment la société.
Cette société va se spécialiser dans les outils de haute précision pour le travail des métaux et va très vite avoir comme client des grands groupes horlogers. Mais c’est en 2005 que Minase est fondée par Kyowa dans le but de démontrer ses compétences horlogères surtout dans les finitions.
La maison propose donc des finitions assez exceptionnelles dans cette montre avec notamment le polissage Sallaz (aussi appelé Zaratsu chez Grand Seiko) qui permet d’avoir des surfaces du boîtier miroir. L’autre particularité de la maison japonaise c’est le concept de la « montre dans la montre » (Structure 3D), où le mouvement, le cadran et les index semblent suspendus à l’intérieur d’un boîtier vitré, offrant une vue sous tous les angles.
Il faut aussi voir que Minase fabrique la montre, son boîtier ou cadran, mais au niveau mécanique s’équipe de mouvements suisses et plus récemment japonais comme Miyota.
Plusieurs collections sont proposées par la maison, notamment :
- Divido : cette collection dispose de cornes imposantes et d’un design inspiré par les casse-tête japonais. On retrouve le boîtier et le cadran suspendus et les finitions font appel au polissage Sallaz. La Divido est aussi connue pour ses cadrans laqués ou en finitions artisanales d’exception utilisant l’art traditionnel de la laque japonaise Urushi (avec parfois des incrustations de feuilles d’argent ou de motifs peints à la main). Les prix se situent entre 9 000 et 13 000 euros.
- Uruga : cette ligne a marqué un tournant pour Minase, car elle offre des formes plus douces, plus arrondies et plus fluides que les modèles comme la Divido ou la Horizon. Le boîtier en acier 316L intègre une architecture dite clamping case structure avec 4 griffes apparentes qui viennent maintenir la boîte, un peu comme un sertissage de bague. Le cadran a une finition de motif gaufré horizontal qui rappelle les vagues de la rivière Minase. Le prix se situe entre 6 000 et 10 000 euros.
- Mastercraft J3 : c’est la nouveauté de la marque pour les Geneva Watch Days 2026. Le design est plus sobre, élégant et minimaliste, mais il conserve un haut niveau de finitions artisanales. Le boîtier est en acier de 37 mm et 9,9 mm, poli à la main selon la technique Sallaz. Une première, le mouvement est japonais avec le calibre automatique Miyota 90S5. Au niveau du cadran, il est moins exceptionnel en étant sablé et en 3 couleurs (blanc, beige, noir). Les prix sont plus accessibles de 2 000 à 3 000 euros.
Daniel Roth avec Enrico Barbasini
Pour ma dernière découverte majeure du salon Geneva Watch Days, direction le Mandarin Oriental et la suite de Daniel Roth. Là-bas, j’ai eu la chance de rencontrer l’un des fondateurs de La Fabrique du Temps de Louis Vuitton, Enrico Barbasini qui est vraiment passionnant.
C’était l’occasion pour lui de me faire découvrir la nouvelle Daniel Roth Extra Plat en or rose Gilt et surtout de m’expliquer de manière passionnante le cadran noir guilloché qui a la particularité d’avoir pourtant des index et chiffres en or poli, mais pas en applique. Simple en apparence, mais pourtant d’une grande complexité.
Pour obtenir ce résultat, ils ont dû ressortir un procédé technique oublié depuis plus de 50 ans, le Gilt :
- Les chiffres romains, la signature et le numéro individuel ne sont pas appliqués au-dessus du cadran, mais révélés directement à partir du fond en or massif.
- Le cadran passe par plusieurs étapes successives de masquage, de galvanoplastie (electroplating) et de finition pour obtenir sa teinte noir profond tout en préservant les indications en or.
Au final, le résultat est magnifique avec un contraste intense entre la surface noire (« deep black ») et les détails en or apparents. On découvre aussi sur le cadran de belles techniques de guillochage dont du vertical en ligne droite et du filet sauté sur le tour des heures.
Mon avis sur les Geneva Watch Days 2026 épisode 2 !
Alors voilà c’était la dernière vidéo sur les Geneva Watch Days 2026 et comme vous avez pu le voir dans les deux vidéos, j’ai pu découvrir ou redécouvrir plein de belles marques et belles montres lors de ce salon. Cependant, ce n’était pas simple de vous parler de tout, alors je profite de cela pour vous citer rapidement 10 nouvelles montres :
- La belle Trilobe Château Trente-Deux, version à cadran bordeaux de la Trente-Deux mais qui a la particularité d’être vendue avec une bouteille de vin rouge sélectionné par Gauthier, le fondateur de la marque.
- Les nouvelles Awake Frosted Leaf avec leurs superbes cadrans Blood Moon, Storm, Lagoon et le tout dans le nouveau boîtier et avec le nouveau logo 2026.
- La spectaculaire Oris ProPilot X Gonzo Edition qui s’inspire donc de l’univers des Muppets mais avec un cadran squelette coloré très spectaculaire. Son seul point faible est sa taille un peu grosse pour moi.
- La magnifique Frédérique Constant Highlife Automatic X Légion Étrangère qui est une édition limitée à 888 exemplaires en collaboration avec la troupe de choc française. Son design est très réussi notamment avec son cadran épuré couleur sable doré très épuré avec juste la flamme de la légion qui apparaît discrètement.
- Cédric Johner et ses montres de forme au design qui sort de l’ordinaire, mais que je trouve assez réussi. Sa particularité, la réalisation 100 % manuelle (juste avec des outils manuels) de ses boîtiers et finitions sans CNC ou autres outils de conception 3D.
- Kolokium et ses cadrans en relief avec son des petits piliers, soit des sortes de relief géométrique.
- J’ai pu aussi apercevoir rapidement la Zenith Chronomaster Solo qui est la nouvelle version 3 aiguilles de la Chronomaster, une montre sport-chic plus simple mais bien réussie, j’ai hâte de pouvoir la découvrir plus en détail.
- Les spectaculaires montres de chez Greubel Forsey et notamment la toute nouvelle GMT Balancier Convexe GF05bv avec son balancier visible à 7 heures et qui n’est pas à plat avec pour objectif de lutter au maximum contre les effets de la gravité de la Terre.
- Bianchet revient avec son Ultrafino avec un boîtier tonneau en céramique bleue ou blanche et toujours le beau calibre manufacture.
- Speake Marin et son nouveau Tourbillon Royal Blue avec son boîtier Piccadilly et ce cadran très réussi qui laisse apparaître le tourbillon, le micro rotor et le barillet sous deux grands ponts en or.
Comme vous avez pu le voir cette édition était donc bien riche et j’ai même raté certaines belles nouveautés notamment la Bvlgari X Vianney Halter. Mais ce fut donc une belle édition, où l’on voit que l’horlogerie indépendante démontre toujours une belle inventivité, même si je note peut-être un peu moins de véritables nouvelles montres cette année que les précédentes, sans doute à cause du marché horloger mondial qui n’est pas au meilleur de sa forme.
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