
L’essentiel à retenir : Ferdinand Berthoud inaugure la collection « Mesure du Temps 1787 » avec le chronomètre FB 2TV.1, dévoilant pour la première fois son ingénierie spectaculaire côté cadran. Ce chef-d’œuvre intègre un tourbillon volant inédit et une remise à zéro de la seconde. C’est l’alliance parfaite entre héritage historique et prouesse technique, sublimée par 300 heures de finitions manuelles.
Avez-vous déjà imaginé admirer 1240 composants s’animer avec une précision chirurgicale directement sous vos yeux ? Je vous présente le chronomètre Ferdinand Berthoud 1787 que j’ai pu découvrir à l’occasion de Watches and Wonders 2026, une pièce magistrale qui expose enfin son architecture mécanique côté cadran pour mon plus grand plaisir et celui des amateurs de haute horlogerie.
Dans cet article, je vais vous faire découvrir l’une des plus belles pièces de haute horlogerie qu’il est possible de voir et surtout l’une des plus extraordinaire avec son mécanisme de fusée-chaîne, qui change radicalement de ce que propose l’industrie horlogère classique.
L’héritage de Ferdinand Berthoud 1787 s’expose enfin côté cadran
Après une décennie à cultiver le secret des mécanismes au dos du boîtier, la maison change de paradigme en s’appuyant sur ses racines historiques et aussi sur la spectaculaire création Naissance d’une Montre 3 que j’avais pu découvrir l’année dernière aux Geneva Watch Days.
Un hommage direct à l’ouvrage de référence du maître horloger
Cette collection puise sa force dans le traité « De la Mesure du Temps » paru en 1787. Ce texte pose les bases théoriques de la précision absolue chez Berthoud.
Le lien avec les horloges marines est évident ici, car l’horloger Ferdinand Berthoud était au XVIIIe et XIXe siècle un spécialiste des chronomètres de marine. J’aime beaucoup la façon dont la maison Ferdinand Berthoud valorise ainsi son passé. C’est une légitimité historique forte où le passé dicte le futur.
Une mise en scène mécanique qui m’a tapé dans l’œil
Le virage stylistique est impressionnant car le mouvement s’expose enfin fièrement. L’architecture en piliers du calibre FB-T.FC sert toujours de fondation solide, mais on peut d’admirer à longueur de temps directement depuis le cadran.
L’impact visuel de la structure ajourée est saisissant. La lecture du temps devient un vrai spectacle cinématique, car les composants semblent flotter dans le boîtier. On remarque notamment l’hypnotique tourbillon volant de 15 mm.

Les secrets du calibre FB-TV.FC entre tourbillon et flyback
Si l’esthétique évolue, c’est au cœur du nouveau calibre FB-TV.FC que se cachent les véritables prouesses de cette architecture repensée. On retrouve bien sûr le principe de la fusée-chaîne pour la régulation de la force distribuée au mouvement, un principe bien différent de ce qu’on retrouve dans l’horlogerie ou même la haute horlogerie normale.
Le tourbillon volant de 15 mm sans pont supérieur
L’absence de pont supérieur libère totalement la vue sur la mécanique. Le guidage s’effectue désormais par un unique pont intermédiaire particulièrement robuste, mais finement travaillé.
Le tourbillon est tenu par une cage à trois branche et se trouve à 6 heures sur le cadran. Il a les caractéristiques suivantes :
- Diamètre de 15 mm
- Fréquence de 3 Hz
- Cage en titane
Ce tourbillon est le véritable cœur battant de cette pièce et grâce à lui et au reste du mouvement la montre assure une chronométrie irréprochable au quotidien.
Le défi technique de la remise à zéro de la seconde
Le fonctionnement du poussoir coaxial est un régal et il est directement intégré à la couronne à 3 heures. Une simple pression déclenche alors le retour au zéro instantané de la trotteuse.
On découvre une aiguille filaire en titane très fine d’une grande légèreté pour bien absorber le choc. Elle évite ainsi les vibrations néfastes lors du processus de « flyback ». La came de forme spécifique garantit la fluidité. Elle assure un retour en vol parfait de l’aiguille.

Comment l’optimisation du mouvement offre 60 heures de marche ?
Au-delà des complications visibles, les ingénieurs ont revu la gestion énergétique pour offrir une autonomie accrue et plus de confort.
Le nouveau système de différentiel à triple satellites
J’ai été frappé par l’intégration du différentiel planétaire directement à la base de la fusée. Ce mécanisme permet de maintenir la marche pendant le remontage. En fait, la force reste constante en permanence, sans aucune interruption du flux d’énergie.
Regardez cette roue de 28 mm de diamètre, elle lie les mobiles décentrés avec une efficacité redoutable. C’est une contrainte technique devenue un atout esthétique majeur.
Une gestion de l’énergie revue pour plus de fluidité
Le gain de réserve de marche est flagrant en passant de 53 à 60 heures réelles. La réduction des tours de couronne change tout, car 10 tours de moins sont désormais nécessaires. Le remontage devient plus rapide et vraiment moins contraignant.
C’est notamment grâce au cône de réserve sur lequel s’enroule la chaîne et que l’on voit à 7h30 qu’on obtient ce gain.
Voici ce qu’il faut retenir de ces évolutions :
- Couple plus constant
- Autonomie de 60h
- Remontage optimisé

Finitions main et maillechort pour ce garde-temps d’exception
La technique pure ne serait rien sans la main de l’artisan qui sublime chaque millimètre de métal.
On découvre un travail colossal avec 300 heures de décoration manuelle. Chaque composant est anglé, poli ou étiré. Le niveau d’exigence dépasse les standards habituels grâce à ces finitions artisanales de hautes volées que l’on doit à des artisans dont l’expérience est primordiale.
Lors de la présentation de la montre, j’ai d’ailleurs pu rencontre le responsable de la décoration des montres de chez Ferdinand Berthoud et il nous a expliqué la difficulté de son métier, le travail de finition sur certaines pièces, etc.
Une exclusivité rare limitée à quelques pièces par an
Cette nouvelle montre ne va pas être une édition limitée, mais sa production annuelle sera très faible. Seuls 10 à 12 exemplaires vont sortir des ateliers chaque année. Cela va donc garantir une exclusivité totale aux collectionneurs.
Au niveau du prix, il vous faudra compter 383 000 euros.
Mon avis sur la montre
Depuis quelques années Ferdinand Berthoud est souvent l’un de mes coups de coeur avec ses montres à l’architecture si particulière, celle d’une haute horlogerie largement imprégnée d’histoire. Alors que pensez de cette nouvelle collection et de la FB 2TV.
Pour moi, c’est clairement une réussite totale. Elle respecte l’ADN de Ferdinand Berthoud tout en osant l’ouverture et donc elle propose un spectacle, côté cadran, qui est hypnotique. Les nouvelles complications apportent en plus une vraie valeur ajoutée avec notamment ce superbe flyback, le tout sur un tourbillon.
Alors en un mot, cette Ferdinand Berthoud est sans doute l’une des montres de haute horlogerie les plus réussi du salon !
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