Exportations horlogères suisses au 1er trimestre 2026

L’essentiel à retenir : après une période agitée, l’horlogerie suisse amorce une stabilisation fragile au premier trimestre 2026 avec 6 201,2 M CHF. J’observe que si les volumes grimpent, notamment grâce au milieu de gamme, les revenus stagnent. Le point marquant ? L’incroyable bond de +55,6 % en France qui compense le déclin persistant du marché chinois.

L’industrie horlogère helvétique affiche un chiffre d’affaires de 6 201,2 millions de francs suisses sur les trois premiers mois de l’année, marquant une progression timide de 1,4 %. Pourtant, derrière ce chiffre global, je constate que les volumes de pièces mécaniques augmentent plus vite, alors que la valeur stagne, ce qui est intéressant car cela change des tendances habituelles. Les exportations horlogères suisses au 1er trimestre 2026 révèlent une fragilité persistante malgré des records de ventes surprenants en France.

Je vous propose d’analyser ensemble ces résultats contrastés pour comprendre si ce rebond technique annonce une véritable reprise ou un simple ajustement des stocks mondiaux.

Mon analyse de cette stabilisation des exportations horlogères suisses au 1er trimestre 2026

Le premier trimestre 2026 affiche 6 201,2 M CHF (+1,4 %), un plateau atteint après deux ans de baisse. Ce sursaut fragile s’appuie sur une explosion française inédite et une étrange augmentation des volumes de ventes.

Cette légère reprise de l’activité globale ne garantit pas encore une croissance solide des revenus, ce qui interroge sur la rentabilité réelle des pièces exportées.

Le volume qui grimpe plus vite que la valeur, c’est louche ?

L’écart entre les volumes en hausse de +7,1 % et la valeur à +1,8 % m’interpelle. Ces chiffres du T1 2026 montrent une déconnexion par rapport au précédent trimestre. Cela ressemble à un déstockage massif ou à un repositionnement pour éviter une crise plus profonde ?

Avec 6 201,2 M CHF, on retrouve le niveau de 2024. C’est un plancher de sécurité, pas une envolée.

Ce fossé entre mécanique et quartz qui m’interpelle

Les montres mécaniques bondissent de 15,7 % en volume mais stagnent en valeur (+1,1 %). Cela semble donc à première vue une belle réussite, mais cela cache sans doute de gros rabais.

Les montres électroniques sont aussi stables, mais par contre les mouvement à quartz s’effondre avec des volumes en chute de 15,3 %. Cette désaffection structurelle pour l’électronique suisse semble désormais inéluctable.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la France et les USA nous surprennent

Si les chiffres globaux semblent figés, la carte du monde, elle, s’agite sérieusement, notamment du côté de l’Atlantique et de nos frontières.

La résilience américaine après le séisme des taxes Trump

Le soulagement est palpable aux USA. La chute des droits de douane avec les États-Unis de 39 % à 15 % fin 2025 a changé la donne et c’est cette normalisation qui explique le petit rebond de 2,8 % au premier trimestre.

Mais attention, ne nous emballons pas trop vite. Ce n’est pas une explosion de la demande, c’est même relativement faible pour un marché qui a souffert pendant presque un an.

Pourtant, les USA gardent la couronne. Ils pèsent toujours 18,6 % du marché mondial. Leurs importations atteignent 1 156,3 M CHF sur ce début d’année.

Le coup de tonnerre français qui m’a tapé dans l’œil

C’est le chiffre fou du trimestre : +55,6 % pour la France ! Le pays réalise une performance incroyable. Il talonne désormais le Japon et Hong Kong au classement mondial des exportations.

Comment expliquer un tel bond ? La France semble jouer le rôle de hub logistique européen. Elle centralise les flux post-crise pour redistribuer les pièces vers d’autres marchés voisins.

Je me demande aussi quel est l’impact réel du tourisme de luxe à Paris. Cette dynamique est-elle durable ? Ou s’agit-il d’un simple rattrapage ponctuel ?

L’occasion de revenir sur une Asie qui bascule entre Chine et Inde

Pendant que l’Occident se réorganise, l’Orient vit une mutation profonde où les anciens piliers vacillent au profit de nouveaux géants.

Est-ce vraiment la fin de l’eldorado pour la Chine et Hong Kong ?

Le marché chinois a perdu un tiers de sa valeur en deux ans. Les exportations sont tombées à 420,5 M CHF, ce qui est un coup dur pour les manufactures suisses.

La situation à Hong Kong reste au plancher, loin de ses records passés. La région affiche une baisse de 12 % sur deux ans et donc le rebond se fait attendre.

Ce n’est plus un simple passage à vide et on observe un changement de comportement des consommateurs locaux. Les consommateurs chinois se détournent réellement du luxe européen pour acheter plus local. Malheureusement pour l’horlogerie suisse, cela se ressent sur les chiffres de ventes.

L’Inde et la Turquie, les nouveaux moteurs que je surveille

On peut noter la performance incroyable de l’Inde avec +36,4 % et le pays entre enfin dans le top 15 mondial. Il devient un relais de croissance majeur pour l’industrie, mais encore loin de remplacer la Chine. De plus, on voit apparaître des entreprises locales qui montent en gamme et en ambition comme le groupe Titan.

D’autres marchés émergent, comme la Turquie et la Corée du Sud tirent aussi leur épingle du jeu. Ces marchés compensent partiellement les pertes subies en Chine ce trimestre.

Au niveau du Moyen-Orient, il y a pour l’instant un visage contrasté. Les Émirats progressent de 5 % mais le Qatar s’effondre. Cependant, les chiffres ne montrent pas encore les conséquences de la guerre en Iran, qui devrait logiquement très fortement impacter l’ensemble du Moyen-Orient.

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