L’essentiel à retenir : la vente Phillips The Geneva Watch Auction: XXIV a lieu en deux sessions, le samedi 7 et le dimanche 8 novembre 2026 à 14 h, à l’Hôtel Président de Genève. L’exposition publique est ouverte du 4 au 6 novembre de 10 h à 19 h, le samedi de 9 h à 19 h et le dimanche de 9 h à 13 h. Les lots les plus attendus sont la Patek Philippe 1436 en acier (2 à 4 millions de CHF), la pendule Portique n° 4 de Cartier (1,8 à 3,2 millions de CHF), la F.P. Journe Chronomètre à Résonance « Régence » (1 à 2 millions de CHF) et la Rolex Daytona 6241 « John Player Special » (800 000 à 1,6 million de CHF). Toutes ces estimations s’entendent hors frais acheteur.
La vente aux enchères Phillips Genève de l’automne, baptisée The Geneva Watch Auction: XXIV, se tiendra les 7 et 8 novembre 2026 à l’Hôtel Président, quai Wilson 47, avec 220 montres et objets d’horlogerie. Deux lots dominent le catalogue : un chronographe à rattrapante Patek Philippe réf. 1436 en acier estimé entre 2 et 4 millions de francs suisses, et la pendule mystérieuse Portique n° 4 de Cartier, estimée entre 1,8 et 3,2 millions de francs suisses.
Les dates et le lieu de la vente Phillips à Genève
Après la vente Phillips de printemps à Genève, la maison réunit sa vente d’automne à l’Hôtel Président, sur le quai Wilson. Les montres sont visibles avant la vente, ce qui reste la meilleure façon de juger l’état d’un cadran ou d’un boîtier avant d’enchérir.
- Exposition publique : mercredi 4, jeudi 5 et vendredi 6 novembre 2026, de 10 h à 19 h.
- Samedi 7 novembre : exposition de 9 h à 19 h, première session de vente à 14 h.
- Dimanche 8 novembre : exposition de 9 h à 13 h, seconde session de vente à 14 h.
- Lieu : Hôtel Président, quai Wilson 47, 1211 Genève.
Patek Philippe 1436, 2497 et 605HU : trois montres rares
Le lot 95 est l’estimation la plus haute de la vente : une Patek Philippe réf. 1436 en acier de 1945, estimée entre 2 000 000 et 4 000 000 de francs suisses. La 1436 est le premier chronographe à rattrapante de série de la marque, lancé en 1938 et produit à environ 140 exemplaires en 33 ans. Selon Phillips, seuls deux exemplaires en acier sont connus avec leur boîte et leur cadran d’origine, et celui-ci a un cadran argenté. L’Extrait des Archives indique une fabrication en 1945 et une vente en 1949.
Le lot 16 est une Patek Philippe réf. 2497 en or jaune de 1953, à boîtier Wenger, vendue à l’origine par Gumbiner, un détaillant de Manhattan dont le nom figure au cadran. La 2497 et la 2438/1 ont été produites sur une base commune de 179 mouvements, dont environ deux tiers pour la 2497, et c’est la seule 2497 connue avec cette signature. Elle est estimée entre 250 000 et 500 000 francs suisses.
Le lot 205 complète ce trio : une heure universelle réf. 605HU « North America » en or jaune de 1950, au cadran en émail cloisonné et au boîtier portant le monogramme « LC » de Louis Cottier. Phillips recense un peu plus d’une douzaine d’exemplaires en or jaune à cadran cloisonné, dont cinq avec l’Amérique du Nord. L’estimation est de 300 000 à 600 000 francs suisses.
La pendule mystérieuse Portique n° 4 de Cartier
Le lot 220 n’est pas une montre mais une pendule mystérieuse Cartier de 1924, la Portique n° 4. Elle fait partie des six Portique réalisées par Cartier entre 1923 et 1925 avec l’horloger Maurice Coüet, et c’est la seule à cadran hexagonal, les cinq autres ayant un cadran à douze pans.
Haute de 38,5 cm pour 10,6 kg, elle associe cristal de roche, or jaune, platine, émail, onyx, jade, nacre, perles et diamants, avec des aiguilles serties en forme de dragon. Le mouvement à remontage manuel, signé European Watch & Clock Company, est caché dans l’arche, ce qui donne l’impression que les aiguilles flottent dans le cristal. Ancienne propriété d’Alain Cartier, elle aurait appartenu au maharadjah de Nawanagar selon la tradition, et n’était pas repassée en vente depuis 1996.
L’estimation va de 1 800 000 à 3 200 000 francs suisses. Le précédent est parlant : la Portique n° 3 a été vendue 3 932 000 francs suisses, frais compris, par Phillips en mai 2025.
F.P. Journe : deux Chronomètres à Résonance rares
Le lot 7 est un F.P. Journe Chronomètre à Résonance « Régence » en platine de 38 mm, réalisé en 2002 pour Les Ambassadeurs. Une série de cinq était prévue, mais seuls trois cadrans « Régence à Losange » ont été fabriqués et deux montres livrées. Ce numéro 212/02 est le seul à cadran en or rose, avec le calibre 1499 en laiton des débuts. Il est estimé entre 1 000 000 et 2 000 000 de francs suisses.
Le lot 161 est un Chronomètre à Résonance Tokyo Boutique en titane de 40 mm, de 2007, numéro 2 d’une série de 12 réalisée pour les deux ans de la boutique de Tokyo. Il a un cadran ruthénium et le calibre 1499.2 en or rose à deux balanciers, pour une estimation de 400 000 à 800 000 francs suisses.
Rolex Daytona « John Player Special » et 6062 « Stelline »
Côté Rolex, le lot 20 est une Cosmograph Daytona réf. 6241 « John Player Special » en or jaune 14 carats, vers 1969, à remontage manuel et cadran noir « Paul Newman ». Son bracelet est poinçonné « V.C.A. », probablement pour Van Cleef & Arpels, et elle est estimée entre 800 000 et 1 600 000 francs suisses. Sa dernière vente aux enchères remonte à 2018.
Le lot 129 est une Rolex réf. 6062 « Stelline » en or jaune vers 1952, découverte au Japon chez son premier propriétaire. Automatique, avec triple quantième et phases de lune dans un boîtier Oyster, elle a huit index en étoile et sa couronne Super Oyster d’origine. Estimation : 600 000 à 1 200 000 francs suisses.
Indépendants et horlogerie ancienne
Le catalogue fait aussi une belle place aux indépendants et aux pièces historiques, avec des estimations plus abordables que les lots de tête :
- Lot 32 : Roger Smith Series 1 pièce unique en or blanc et or rose, 2020, avec l’échappement co-axial de George Daniels et un second cadran fourni. Première apparition aux enchères, 300 000 à 600 000 CHF.
- Lot 216 : Kari Voutilainen Vingt-8 Inversé pièce unique en tantale, 2020, modèle primé au GPHG 2019 et mouvement gravé « 1/1 ». 200 000 à 400 000 CHF.
- Lot 61 : montre de poche à tourbillon volant de Richard Miklosch en argent, vers 1985, probablement unique, avec un échappement à détente de type Earnshaw. 300 000 à 600 000 CHF.
- Lot 91 : montre à longitude verticale n° 46 de Ferdinand Berthoud, un chronomètre de marine de 1790 construit par son élève Vincent Martin. 100 000 à 200 000 CHF.
Mon avis sur cette vente Phillips de novembre
Je trouve ce catalogue plus équilibré que celui de bien des grandes ventes, où quelques Rolex et Patek récentes occupent toute la place. La 1436 en acier et la Portique n° 4 sont des objets de musée. Ce qui m’intéresse le plus, ce sont les lots où la rareté est documentée : le cadran Gumbiner, les deux seules Régence livrées, la Series 1 bicolore de Roger Smith.
Si vous suivez cette vente pour comprendre le marché, gardez en tête que les estimations sont données hors frais et que les résultats annoncés incluent les frais acheteur. Pour replacer ces chiffres dans le contexte, vous pouvez lire mon article sur l’investissement dans les montres de collection et mon guide sur la cote d’une montre. Je reviendrai sur les résultats après le 8 novembre.
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